PRIORISATIONS DES MALADIES ANIMALES
Sommaire
La priorisation des maladies animales est essentielle pour les pays qui souhaitent optimiser leurs activités en matière de gestion de la santé des productions animales et de santé publique vétérinaire, avec des moyens parfois limités et des partenaires aux développements exigeant un minimum de clarté dans les objectifs et les stratégies des requêtes. Enfin elle contribue la base de toute activité de surveillance cohérente et efficiente.
Cette priorisation peut s’appuyer sur plusieurs critères
A- L’impact sur la vie socio économique (à l’échelle macro ou micro)
• Sur la sécurité alimentaire
• Sur la santé publique
• Sur le commerce international
B- La disponibilité d’outils de suivi et de contrôle :
• Tests de laboratoires abordables, sensibles et spécifiques
• Vaccins fiables, efficaces, faciles d’utilisation
• Méthode DIVA disponible en cas de vaccination
• Symptomatologie pathognomonique
C- La nouveauté ou l’importance épidémiologique
• Maladies émergentes
• Expansion ou aggravation brusque d’une pathologie bénigne (ex : influenza aviaire H5N1)
• Introduction d’une maladie dans un pays indemne
Considérant ces critères et en dépit de certaines lacunes notamment en ce qui concerne la connaissance de l’impact socio économique des maladies ou leurs véritables incidence/prévalence, les pays membres des réseaux ont répertorié une liste d’une dizaine de maladies prioritaires pratiquement identiques pour la zone d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Le stade suivant est de regrouper les maladies prioritaires par catégories cohérentes car on ne devrait pas avoir à choisir entre deux maladies telles que la maladie de Newcastle et la Rage toutes deux très importantes sur des plans différents.
On considérera donc QUATRE catégories
Les maladies d’intérêt TACTIQUE (contrôle immédiat)
Elles regroupent les maladies animales de forte incidence et prévalence,
dont l’impact socio économique est jugé ou reconnu important et pour lesquelles les outils disponibles de contrôle apportent une amélioration immédiate de la situation (incidence) et un niveau acceptable de prévalence (voire une perspective d’éradication) par la vaccination et/ou les mesures de police sanitaire et/ou les mesures de biosécurités.
Leur prise en charge requiert
• Sa Surveillance (clinique et de laboratoire) pour définir un niveau de risque acceptable
• Des activités de contrôle pour maintenir la maladie dans des limites acceptables (voire l’éradiquer)
• Un plan d’urgence ou de contingence prêt à être déclenché quand le niveau de la maladie menace de dépasser le niveau de tolérance
• L’accent sur les capacités d’alerte précoce et réponse rapide et la réaction rapide en cas de foyer
Les maladies d’intérêt STRATEGIQUE (contrôle progressif)
Ce sont les maladies dont l’impact socio économique est peu connu, insidieux ou seulement potentiel. La prise en charge de ces maladies est stratégique car leur présence menace des pays limitrophes ou les stratégies régionales de contrôle, et gêne à moyen ou long terme le développement des filières et des débouchés commerciaux. A considérer donc, même si on ne dispose pas d’outils très efficaces ou si leur prise en charge requiers un préalable de recherche appliquée ou d’études.
Leur prise en charge requiert :
• Une coordination nationale et regionale pour son contrôle progressif (voire eradication)
• Une stratégie consensuelle à long terme
• Une approche conforme aux standards OIE (compartiment/zonage ou pays indemnes)
• Conformité au recommandations FAO-OIE pour les bonnes pratique de management des crises (GEMP) pour protégées les zones indemnes
Les maladies ZOONOTIQUES
Maladies animales transmissibles à l’homme dont l’impact peut être négligeable sur l’économie mais énorme en matière de santé publique.
Leur prise en charge requiert :
• Une collaboration intersectorielle pour la détection, l’identification et le suivi
• un bon niveau de biosécurité dans les laboratoires de diagnostic (selon l’agent pathogène)
• La collaboration étroite des secteurs de santé humaine et de santé animale
• Des références aux règles de l’OMS et au code OIE pour les zoonoses
Les maladies EMERGENTES ou EXOTIQUES
Soit qu’elles proviennent de l’adaptation à l’homme d’un germe pathogène pour l’animal, soit que leur apparition ou réapparition dans un pays viennent bousculer un équilibre zoo sanitaire ou sanitaire, la surveillance de ces maladies relève du devoir de solidarité des pays membres de l’OIE et aussi du principe « One World One Health » des nations unies ;
Leur surveillance vient en général s’inscrire dans des programmes globaux et reçoivent l’attention de bailleurs spécifiques.
Leur prise en charge requiert :
• Un niveau important et constant d’alerte (vigilance)
• Un plan de préparation et de contingence opérationnel
• Un système d’alerte précoce international
• Des capacités d’observation de la maladie (disease intelligence)
• Au moins un laboratoire régional capable de diagnostiquer ces maladies
• Capacité des laboratoires à détecter « l’inattendu et l’inconnu »… (comme La lucilie bouchère en Libye 1990)
• Un stratégie de mise en place d’un laboratoire de haute sécurité de type (BSL-3 or BSL-4), de préférence dans la région.
Enfin, pour chaque catégories, les maladies seront classées par ordre de priorité croissante selon :
• L’impact observé ou estimé
• La faisabilité des activité de surveillance et contrôle
• La fréquence des requêtes exprimées (éleveurs, ONG, services compétents, partenaires commerciaux)

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